BELLITA TESSON  notre professeur de Flamenco et de sévillanes vous présente  le flamenco

 

 

Qu’est-ce que le Flamenco pour vous ?

 

- C’est l’expression musicale de l’Andalousie, des andalous qui ont créé un art que les gitans ont profondément influencé par leur frénésie de vivre et leur sens de la fête et du spectacle.

- Il y a dans le Flamenco, tout comme dans le blues, les chants arabes ou africains, un mystère, un frisson, chargés d’une profonde émotion qui est celle du passé d’un peuple.

a)   - depuis le début du XXème siècle, « le Cante Jondo » ou « Cante Grande », chant profond, désigne le Flamenco d’origine, résultat du métissage des sonorités andalouses, juives, arabes, en totale communion avec la danse et la guitare.

      - à l’origine, le « Cante » s’interprétait à « Palo Seco », sans accompagnement, ne tolérant que quelques Palmas. Plus tard, Cante y Baile étaient rythmés par le son du « tambourin » ou des « crotales ». La guitare ne viendra que plus tard, à partir du XX ème siècle pour les enrichir et deviendra indissociable du Flamenco.

      - Il existe de nombreux « Palos » ou styles : « la Seguiria », pilier du chant flamenco renferme toute la tragédie, la solitude, le désespoir, la mort. Elle jaillit du plus profond de soi. Dansée, elle est majestueuse et solennelle, et composée de gestes lents. « La Soléa », mère de tous les chants, dansée, elle est un sommet de grâce et d’harmonie. « Las Tonas » comme « le martinite », « la carcelara » ou la « Debla » sont des chants de la Forge, de la prison, témoignage des persécutions, ou au caractère religieux.

b)   - Le « Cante Chico » : chant plus festif, plus léger : guajires luiCongas, Colombianas Fandanguillos, Lorongos, Garrotires, on arrive à les associer avec chants et danses andalouses comme les campanilleros, les Jaleos, les panaderos, les fandangos de Huelva, les Vitos, et la « Sevillana » spécifique de Séville, mais répandue dans toute l’Andalousie et qui actuellement dépasse le cadre de l’Espagne pour arriver jusqu’à nous avec une force incroyable. Festive par excellence, remplie de grâce, de sensibilité, d’esthétisme. Elle apparaît plus travaillée, mieux agencée au point de vue visuel.

       - les différents Palos sont liés soit à la personne qui les a créés, soit au lieu géographique : Cadix et ses « Alegrias », Huelva et ses Fandangos, la montagne et ses « Serranas », la Union et cartagena et ses mineras et cartageneras, la Tona qui est le chant fondamental.

       - Thèmes des différents styles : l’amour, la passion, la malédiction et les menaces, la mère, la société, la pauvreté, les enseignements moraux, la fatalité et la mort, l’honneur, le désespoir et les thèmes religieux. Actuellement à ces thèmes s’ajoutent les problèmes de la société contemporaine, l’immigration, la déchéance, la drogue, la solitude qui sont exprimées par des rajouts de mots nouveaux et actuels.

       - Etre Flamenco, c’est aller au bout de la voix, du geste, du mouvement, de la musique. C’est se donner pleinement, partager, savoir écouter l’autre et le silence. Le silence peut être très fort et faire un pont entre deux falcetas de guitare, deux gestes, deux mouvements.

       - C’est un cri libérateur et apaisant qui naît du ventre et se transforme en murmure

       - le peuple andalou est l’un des plus grands poètes de l’Histoire de l’Humanité.

 

 

 

 Comment le Flamenco qui a rencontré tant de difficultés à ses débuts est-il parvenu à s’imposer en Espagne ?

 

Le Flamenco s’est développé dans la société andalouse et il a commencé à exister en tant que forme musicale indépendante en 1842 date d’apparition du premier « Café Cantante » à Séville dans le quartier de Triana.

C’est à partir de la création et de la multiplicité de tels établissements d’abord en Andalousie puis dans toute l’Espagne que le Flamenco s’est structuré et détaché du folklore andalou. Désormais  le chanteur et le danseur puis ensuite le guitariste deviennent des professionnels et se produisent devant un public, sur une scène, devant un auditoire de plus en plus diversifié et large ce qui influence l’interprétation de l’artiste par son choix : il doit plaire ou émouvoir sans toutefois  tomber dans le « Flamenco de compote » selon le terme de Miguel de Falla gardien du sanctuaire ainsi que son élève l’immense poète Federico Garcia Lorca qui a joué un rôle déterminant dans la sauvegarde du Flamenco.

 

Que ressentez-vous lorsque vous dansez ?

 

La mélodie et le rythme m’inspirent et me transportent dans un autre monde. On se transforme en un autre être, notre caractère change ainsi que notre personnalité et on ressent une très forte émotion.

 

Qu’est-ce que le duende ?

 

C’est un état de grâce artistique qui atteint des sommets d’émotion qui sont d’une intensité musicale humaine inexplicable et impalpable et qui ébranle les participants du plus profond d’eux mêmes.

 

 Qu’est-ce qui pourrait expliquer l’attrait universel pour le Flamenco de nos jours ?

 

Depuis la fin des années 70, on note une croissance en nombre des manifestations Flamenco et augmentation importante du public Les lieux du spectacle se multiplient et le flamenco se voit figuré au programme de festivals prestigieux.

Récemment, le Flamenco à conquis un nombre important de nouveaux adeptes qui se regroupent au sein de l’association pour apprendre la guitare, à chanter, ou à danser. Ces nouveaux adeptes sont des personnes qui ont ressenti des chocs émotionnels lors de représentations et ont un besoin « viscéral » et indispensable de s’identifier au personnage du monde Flamenco pour trouver un équilibre dans la monotonie de la vie quotidienne.

L’engouement pour le Flamenco peut-être interprété comme une dérivation d’un engouement plus général pour l’Espagne et l’Andalousie.