Au sujet des piques
De
tous les tiers, celui de la pique, reste le plus incompris, le plus mal
vécu, le plus sujet à polémique, et pourtant sans doute le plus
essentiel.
Comment peut on ou doit on intervenir pour clarifier, voir légiférer,
entout cas expliquer, pour rendre à l’intervention des cavaliers la
place qu’ils méritent dans la course.. Le problème est sans doute
qu’il y a beaucoup de paramètres à régler ou à tenir compte. Par
exemple la faiblesse endémique des toros de combat de ces dernières
temporadas,…. Ou encore le
nombre de pique à administrer et le « dosage » de celles ci par
le matador, ou bien encore une position claire des promoteurs, qui
veulent avant tout un public satisfait…(donc fidèle..).La place
de ce même public est elle aussi loin d’être négligeable ; en effet
pour lui le picador a le mauvais rôle, àsavoir blesser l’animal,
l’affaiblir, et donc amputer sa capacité à assurer
un troisième
tiers de qualité. ….
Mauvaise
éducation (taurine bien sur)quand tu nous tiens…. Je ne parle pas des
aficionados, mais du grand public,celui qui constitue quand même les 2
/3 des arènes….et qu’il va falloir
convaincre du bien fondé du tiers de pique… Renoncer à cette éducation,c’est
accepter l’idée d’une montée en puissance du toreo Barnum… Je
m’explique : Le public veut voir un spectacle, attention à ce que
cela ne devienne pas « du spectacle » avec tous ses mauvais cotés
associés. Et surtout les promoteurs ne doivent pas s’engager ou
suivre une politique de
business autour de l’arène….. ou l’emballage et le packaging pour
parler comme les publicitaires qui régissent ce monde, prendrait le pas
sur le drame qui se joue dans l’arène. Respect des toros, et des
professionnels qui vont se jouer la vie…. Cela veut dire respect des règles
qui régissent la corrida. Et si il y a drame, mort annoncée, programmée,
du toro ou parfois du torero, cela mérite que le spectacle ne devienne
pas foire, cirque…Le décorum est important certes, mais les acteurs,
et peut être surtout les toros doivent être respecter. A perdre
cela de vue, c’est toute l’aficion qui y perdrait, et les « tarde
» d’émotion que nous offrent chaque temporada, ne seraient que
divertissement, amusement, voir un simple du pour
qui pour qui a acquitté sa place. En quelque sorte un « spectacle
taurin » dans une déclinaison non noble du terme, ou tout serait
calculé, anticipé, aseptisé, pour rendre les spectateurs satisfaits,
repus…..Mais l’aficion ce n’est pas ça… Pour le connaisseur le
spectacle ne peut être « complet », il se doit d’être inachevé
nourri d’angoisse, de manque, et de frustration pourêtre totalement
apprécié. La perfection du geste, du toro, du lieux, ne doit
être qu’exceptionnelle pour être savourée, fantasmée surtout. La
perfection annoncée cela n’existe pas en tauromachie, et il ne faut
pas confondre l’arène , lieu d’émotion et de sincérité avec parc
d’attraction, royaume du faux et de l’argent poudre aux yeux…A
vouloir contenter le plus grand nombre au lieu de vouloir éduquer,
peut être va t on tirer vers le bas l’ensemble
de la fiesta brava. Alors attention à cette dérive qui pourrait
toucher le public et tenter les promoteurs…. ; et pourquoi pas certain
maestro qui déjà ne se privent pas de choisir leur bétail, ou
d’exiger quelques arrangements.
Avec tout cela est on loin de la pique ? oui et non !!! La pique n’est
pas un spectacle, mais elle est au cœur du drame, et son existence
capitale, il faut donc lui rendre son importance et surtout l’intégrer
aux yeux du plus grand nombre comme une part essentielle de la
tauromachie… La première évidence est que, la ou il y a respect du
toro, de la bête, qui charge et qui se livre, il doit y avoir deux
piques minimum, ne serait ce que (et même
si cela peut paraître paradoxal…) pour « récompenser le toro qui
retourne à la charge après avoir connu la douleur, signe évident de
noblesse,…. ou pour avoir des raisons de le trouver couard
s’il n’y revient pas. Juger un toro, sa caste , sa bravoure,
son aptitude au combat sur une seule pique est une hérésie, il
en faut au minimum une deuxième. Evidemment partant de ce postulat à
exiger des arènes qui se respectent…., il faudra peut être que le
maestro gère la première pique , sachant que de fait, il en aura une
deuxième … Gérer les piques cela veut dire garder au toro assez de
force.
Cela veut aussi dire être volontaire pour rendre à ce tierco sa vraie
valeur. Et la présidence a évidemment sa responsabilité a assumer
dans ces moments la. Pour le maestro cela représente bien sur, plus de
travail, deux mises en suerte, deux quites….. quitte ( !!) à en faire
assurer un, par un des autres maestros(pour qui cela doit être un
devoir…) D’ailleurs cette concurrence directe sur un même toro , de
deux maestro, serait tout a fait
palpitante et attractive , « titillerait » peut être leur
ego et les rendrait plus enclin à se donner lors de ce tierco et dans
le suivant…..En conclusion je pense que pour gagner ce combat, il faut
intéresser le public a la pique, lui expliquer que deux assauts bien
donnés ne vont pas amoindrir le toro en tout cas certainement moins que
certaines mono pique longues et
vrillées… Que cela participe à un plus grand respect du toro, qui
pourra être juger sur des critères plus pertinents (mais toujours
discutables…..ah mémorables tertulia ) et qu’enfin assister
à deux quites de capote (toujours très esthétiques) et parfois à un
duel entre maestro, ne peutqu’inviter ces derniers à donner le
meilleur d’eux même, sans que cela ne
nuise au contraire, à la résistance ou aux qualités du toro lors du
dernier
tiers